INTRODUCTION
L’atelier national d’information et de diffusion sur la pratique de la finance islamique, s’est déroulée du 25 au 27 novembre 2019 à l’hôtel SALAM de Bamako, sous présidence de madame le ministre de la promotion de l’investissement privé, des PME et de l’entreprenariat national, Madame Safia BOLY, représentant le Premier ministre.
Ont pris part à cet important atelier les représentants des institutions de la République, des départements ministériels, de la BCEAO, de l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés, de la société civile, des chambres consulaires.
L’atelier était animé par le Cabinet de l’Ingénierie financière islamique (IFI Consulting). L’organisation de l’atelier était assurée par le Cabinet LEADERCOM. L’activité a été cofinancée sur le budget national et par le Projet de financement inclusif des filières agricoles au Mali (Projet Inclusif).

JUSTIFICATION
La promotion de l’inclusion financière a été inscrite parmi les priorités des actions de développement et de lutte contre la pauvreté. Les Autorités publiques entreprennent de mettre en place un environnement propice à l’élargissement de l’accès des populations aux services financiers. C’est dans ce cadre, le Gouvernement du Mali a adopté en juin 2016, la politique nationale de développement de la microfinance et son plan d’actions, dont un des objectifs spécifiques est de « favoriser un accès large et diversifier aux services financiers et protéger les clients ».
Du côté des Autorités monétaires, il s’est posé la nécessité de favoriser l’éclosion des nouveaux produits et services financiers pour satisfaire les besoins de plus en plus importants des populations, notamment celles qui sont exclues des activités financières classiques pour des raisons culturelles. C’est dans cette optique que la BCEAO a entrepris d’apporter des amendements à la Loi cadre portant réglementation des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD), pour permettre à ses structures de réaliser des opérations de finance islamique.
Le Mali a traduit dans sa législation nationale, les réformes souhaitées par la BCEAO.

OBJECTIF
L’objectif visé était d’informer et de partager avec les acteurs institutionnels, les instituions financières et les représentants des consommateurs sur : les concepts de base, les principes, les principaux produits et services de la finance islamique en vue de faciliter l’adoption en conseil des ministres du projet de la communication écrite du programme de microfinance islamique en cours d’élaboration au niveau du ministère de la promotion de l’investissement privé, des PME et de l’entreprenariat national.

DEROULEMENT DE L’ATELIER
Après le discours d’ouverture du ministre de la promotion de l’investissement privé et du Représentant du Maire de la Commune III, les travaux se sont déroulés du 25 au 27 novembre 2019 comme suit :
– Présentation du cadre conceptuel de la finance islamique : définition, mission, évolutions, effets des crises sur la finance islamique, principes, écosystème, réglementation,
– L’intérêt des leaders mondiaux pour la finance islamique et quelques mythes sur la finance islamique ;
– Présentation de l’expérience de CORIS BANK INTERNATIONAL (CBI Mali) en finance islamique ;
– Enjeux et défis de la microfinance islamique ;
– Présentation de l’expérience de la BID.

RECOMMANDATIONS
A l’issue de l’atelier, les participants ont formulé les recommandations ci-après :
– Prévoir une composante renforcement des capacités des acteurs et bénéficiaires au niveau des projets et programmes de la finance islamique au Mali ;
– Initier au Mali un forum national annuel et international des investisseurs en finance islamique ;
– Organiser de séries d’activités de sensibilisation et de communication sur la pratique de la finance islamique ;
– Solliciter les Plus Hautes Autorités du Mali pour la mise en place de produits sociaux islamiques notamment le Waqf et la Zakat ;
– Diligenter l’élaboration des instructions fiscales dans le cadre de l’assainissement de l’environnement fiscal ;
– Diligenter au niveau de l’Administration publique le traitement des projets et programmes soumis aux institutions financières notamment la BID ;
– Introduire des modules de finance islamique dans les programmes de l’enseignement supérieur ;
– Mettre en place une commission de suivi des recommandations.